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 Dans une ruelle marquisale

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Zouzouille

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MessageSujet: Dans une ruelle marquisale   Ven 31 Juil 2009 - 22:38

C'était pour elle une découverte. Vêtue de la tête aux pieds d'un manteau noir des plus basiques et communs afin de se fondre dans la noire fange des habitants de la capitale félonne, parcheminiers, tailleurs, forgerons, paysans venus vendre des céréales à un négociant lombards, ces derniers banquiers qu'on entendait parlait à 100 mêtres de part leur accent prononcé, voyageurs de passage, pelerins ou brigands déguisés -Le Très Haut sait à quel point ils pululent en Provence-, la dauna marchait afin de se fondre dans la masse.
Parmi la place, il y avait trop de monde, mais c'était un passage obligé si elle voulait croiser la personne qu'elle cherchait. La Provence lui était terre inconnue, venue juste deux fois pour un banquet et une infiltration. A la première, elle avait rencontré du monde, des connaissances de son frère, c'était une de ses dernières qu'elle cherchait. Les yeux plongés sur la foule, scrutant la moindre femme afin de reconnaitre celle qui arborait les armes qu'elle s'était faire reproduire sur un petit parchemin, afin de les apprendre puis les reconnaitre.
Si la cité n'avait pas le charme de Mont de Marsan, le prestige de Paris et la beauté de Rome, elle n'en demeurait pas moins agréable. Lorsque les rayons du soleil lançaient sur les passants leurs flêches solaires on n'en oubliait presque, tant c'était agréable, qu'on était en terre limite ennemie.

Son voyage pour la Papauté était prévu de longue date, mais c'était à la dernière minute qu'elle avait décidé de le faire par les terres plutot que par voix maritime depuis le Languedoc. Une affaire la préocupait, une promesse l'y obligeait.

Droite dans sa ruelle, étroite et un peu sombre, l'horizon et les passants pour seul objectif. A coup de regards furtifs pour ne pas éveiller les soupçons, l'angoisse qu'on la reconnaisse tant la ville était un lieu de passage pour les voyageurs en direction de la ville sainte, elle attendait, le sang bouillonnant.
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Maitwess

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MessageSujet: Re: Dans une ruelle marquisale   Sam 1 Aoû 2009 - 23:41

Dieu que la tâche était difficile !
Elle n'avait pas pensé, en acceptant momentanément la charge de la présidence de la Cour, que cela lui causerait tant de soucis. Elle avait veillé tard à son bureau, penchée sur une candidature, rassemblant autant d'éléments qu'elle pouvait afin de prendre la bonne décision. Elle avait même dû pour cela envoyer missive à la femme qu'elle avait longtemps abhorré mais qui n'était finalement qu'une autre victime parmi tant d'autres. La nuit avait passé ainsi, puis la matinée.
Au midi, la fatigue engourdissait ses muscles et picotait ses yeux.

De guerre lasse, elle se leva en soupirant. Sa décision était prise, elle la rendrait publique un peu plus tard. Pour l'heure, elle ne rêvait que d'une chose, sortir de ce château qu'elle haïssait.
Une fois le bureau fermé afin d'en protéger la confidentialité, Anderexia gagna la sortie et trouva avec bonheur le soleil qui la forca à cligner des yeux. Pourquoi diable n'avait-elle pas d'appartement à Avignon ? Celui d'Aix ne servait jamais, alors qu'ici il serait fort utile. Mais les finances ne permettaient pas un tel achat...
Elle était donc en quête d'une auberge pas trop miteuse pour aller se délasser un peu. Les gardes lui indiquèrent l'une d'elles, elle l'espéra pas trop bruyante.

Consciencieusement, elle suivit les indications qu'ils lui avaient données. D'abord la grand rue en direction du rhône, à droite après le tailleur, puis à gauche au niveau du barbier. Elle y était...mais ne voyait point d'auberge.
Debout au milieu de la rue, elle tentait de se remémorer les directions qu'elle avait suivies.


[RP postérieur à celui en gargote que nos temps de réponse ont largement ralenti.]
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Hersende
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MessageSujet: Re: Dans une ruelle marquisale   Dim 2 Aoû 2009 - 0:41

Hersende sortit de la salle du conseil. La tâche qu'elle avait acceptée était très lourde, surtout en cette période, mais après quelques semaines d'hésitations, elle commençait - obligée de forger sa place sur le terrain au milieu d'une guerre et d'un château désert - à trouver ses marques.

Avignon se repeuplait et des personnes dynamiques avaient pris la tête des institutions marquisales. Ce n'était pas de fervents adeptes des structures existantes? Peu importe. Plutôt... tant mieux! Ces structures méritaient d'être revues, et de l'intérieur c'était peut-être encore le mieux...

Hersende se demandait ce que le Marquis penserait de ce qu'elle entreprenait actuellement... Elle secoua la tête : non, pas d'hésitations, il fallait changer les choses, sinon le Marquisat resterait une structure sclérosée. Il fallait y associer les Provençaux, tous les Provençaux, nobles et roturiers, retrouver l'esprit de l'indépendance qui avait prévalu à sa création avant qu'il ne s'enferme... Non, elle continuerait dans ce sens...

Elle eut une pensée de regret pour l'ambassade qu'elle avait accepté d'assurer et à laquelle elle avait dû renoncer.... La Gascogne! terre des félons qui avaient renié et trahi la Provence mais qui avaient été - et quelque part resteraient - ses amis... Amis qu'elle combattrait la mort dans l'âme, mais pour la Provence.

Il faisait chaud. Le soleil de midi écrasait toute la place situé devant le château sous une chape de plomb. Hersende eut le soudain désir d'échapper aux contraintes et de s'enfoncer dans les rues d'Avignon, et de chercher quelque fraîcheur sur les rives du Rhône.

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Zouzouille

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MessageSujet: Re: Dans une ruelle marquisale   Dim 2 Aoû 2009 - 23:57

Force était de constater que malgrè l'acoutrement vulgaire qu'elle avait revetu, la dauna n'était pas discrète dans les oeillades données sur les passants qui traversaient la place. Elle ne comptait plus tous les indélicats qui avaient tenté de faire remonter leur mains de ses cuisses à ses hanches ou plus timorés qui la reluquaient sans cesse depuis un autre coin. A tous cela, elle avait du donner Levan d'or pour s'en débarrasser. Mais à mesure qu'elle donnait, la fréquence des apparitions augmentait. On lui avait pourtant assuré que dans d'aussi moches et désuetes parures, elles se fondrait dans la masse des habitants fangeux de la capitale félonne. Ventre-Saint-Gris ! Encore un arracheur de dents que cet informateur. Elle le ferait rayer de toutes les listes de bénéficiaires de la Chancellerie.

Son abnégation fut cependant récompensée -et sa bourse sauvée. Peu après que le soleil eut atteint son zénith, la gasconne cru reconnaitre celle pour laquelle elle avait organisé tout ce périple. La dauna tata sa poche pour vérifier que ce qu'elle y avait déposé était toujours à sa place. Ainsi faites les banalités, elle tenta une approche.
Agiter la main pour qu'elle vienne en sa direction serait trop risquée, un badaud pourrait le prendre pour lui et vénir, ou pire encore, ameuter la populace alentour. Un "Pssst" répété serait vain, quand on pense que cela ne suffit pas à table pour se faire passer une épice. Reste alors une solution, auquelle le prélat se prépare. Passant ses mains sous sa capuche pour remettre tous ses cheveux à l'abris et ainsi ne pas dévoiler de son identité. Regards à dextre puis sénestre, pour filer tout droit en sa direction, sans regarder plus alentour. Fixer un point et s'y tenir. Les épaules se chevauchent parfois, heureusement la fierté de ses malheureux percutés n'est pas grande et aucun remou n'est créé, continuez jusqu'à son objectif, et espérer.
Devant la dauna, elle s'exprime dans un langage qu'elle espère assez compréhensible pour elle et assez inaudible pour la foule extérieure. La prend par la main et la tire vers la rue d'où elle vient.


Nous nous connaissons, suivez moi !
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MessageSujet: Re: Dans une ruelle marquisale   Mer 5 Aoû 2009 - 12:10

La grand rue...le tailleur...le barbier...grand rue...tailleur...barbier...
Mais où avait-elle bien pu faire commettre une erreur ?
Anderexia se sentait fatiguée, le soleil commençait à taper fort sur sa robe sombre, l'énervement la gagnait. Peut-être aurait-elle mieux fait de ne pas quitter son bureau, ou de regagner Auresoun. Elle hésitait à faire demi-tour, l'idée de retrouver les monceaux de papiers ne l'echantait guère, mais rester au milieu de la rue l'agaçait.
Elle tourna les talons décidée à retrouver la fraicheur du château.

Une main la saisit et l'entraina vers une rue adjacente.
Nous nous connaissons, suivez moi !
L'étonnement la fit suivre docilement cette voix féminine. Par contre, elle n'évoquait aucun souvenir dans la mémoire d'Anderexia. Serait-il possible que l'amnésie passagère suite à son attaque ait laissé des traces ? Allait-elle encore devoir fouiller son esprit dans l'espoir d'en tirer ne serait-ce qu'un sentiment de familiarité ?

Arrivée dans la ruelle, à la suite de la femme, elle s'arrêta.

Qui êtes-vous ? Nous connaissons-nous ? Pardonnez-moi, j'ai récemment subi un choc qui a altéré ma mémoire, j'ai peur de ne pas vous remettre.
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MessageSujet: Re: Dans une ruelle marquisale   Mer 5 Aoû 2009 - 15:25

Là dans leur ruelle, les regards s'échangèrent. Marie Amélie en était désormais sûre, elle avait pioché la bonne personne parmi la foule. Si ce premier point, positif, marqua le premier contact, le second, plus verbal, fit retomber de suite l'ambiance. Une hésitation dans la marche à suivre point, alors elle change ses plans. Zouzouille la prend par la main pensant que ce sera sans doute un peu plus long que ce qu'elle avait pu imaginer lors de son voyage. A quoi bon tout préparer, la moindre de ses paroles quand on voit à quel point cela peut être aussi facilement réduit à néant. Le prélat la conduit dans une taverne assez reculée de la Capitale. Passant des rues aussi peu larges que l'ouverture d'esprit de certains, où les dejections s'accumulaient parfois, où il ne faisait généralement pas bon de venir les soirs sans lune, là où même les agents de la maréchaussée ne s'aventuraient plus. Une porte dans une cour, elles y entrent et s'installent à une table. L'odeur à l'intérieur est sans aucun doute bien différente de ce que les daunas ont l'habitude d'humer, mais soit, elle n'était de toute façon pas là pour le plaisir. En pleine journée, l'établissement accueillait assez peu de monde, un bon point. S'adressant alors au tenancier.

Du vin pour cette table ! Et du bon !

Le voyant alors partir dans une sorte d'arrière boutique, sort de sa cachette de quoi payer et une lettre pour son interlocutrice bien muette. Pour le moment la dauna de Cortilloles avait préféré ne pas parler, elle avait attendu d'être assiste, au calme et dans de bonnes conditions pour se faire.

Ainsi donc vous avez perdu un bout de votre mémoire. Cela, je ne vous le cacherait pas, n'arrange pas mes affaires. Je doute donc que vous me situiez, tant nous nous sommes croisées furtivement, il y a de cela plus d'un an et demi, pour une fête que votre diplomatie donnait. J'étais l'envoyée du Canceler segon Lengadoc qui n'avait voulu venir rencontrer les marquisaux. Pensez bien, cela aurait courcircuiter sa carrière que de rencontrer des félons. Sacrée aubaine pour moi, cela me permettait de retrouver mon frère aux frais du Comté.

Enfin soit, si vous ne vous souvenez pas de mon visage, peut-être serait-il opportun que je me présen ...

S'arrête alors, le tavernier ramenant une cruche et deux godets. Lui donne alors de quoi régler la somme dûe pour qu'il les laisse à leur discution. Une fois éloigné, elle reprit le fil de sa discution. Sa venue devait être discrète, aussi, il lui fallait ne pas ébruiter trop facilement quelques éléments.
Je disais donc que je me nomme Marie Amélie de Cortilloles. Son regard s'était posé sur son interlocutrice pour voir si son nom était pour elle source de réaction, de sourcillement ou autre. Si vous ne me connaissez pas, il n'en est pas de même pour mon frère.
J'ai d'ailleurs pour vous prouver la véracité de mes dires une missive à vous transmettre. Elle est de sa main. Il me l'a transmise au cours de l'une de nos innombrables correspondances.
Au prélat de sortir ce qu'elle avait jusqu'à présent taté tous les demi-heures environ afin de s'assurer que la seule pièce qui la rattachait à la dauna soit bien présente. Elle lui tendit alors, puis pour ne pas la troubler dans sa lecture, leur servit un godet chacune. Tant l'angoisse l'avait saisie ces derniers instants, qu'elle vida le sien rapidement. Il fallait de toute façon être silencieuse alors autant s'occuper la bouche.


      Anderexia,


      Voilà des mois que je suis parti. Des mois que nous nous sommes quittés, sans un "au revoir" en bonne et due forme. Précipitations couplées à l'angoisse d'une séparation que je ne savais amenée. Il en va de même pour tous, seule ma soeur que tu viens de rencontrer, si elle a suivi mes instructions et ne s'est pas faite représentée, était au courant de mon projet.
      Voyage par le Dauphiné pour arriver en Bourgogne et m'y installer un temps. Ce dernier fut court car bien vite l'appel du large se fit sentir et moi qui n'étais jamais sorti de provence jusqu'à lors fut tenté par la découverte de cette terre appellée Eire. J'y ai rencontré des gens admirables. Là bas, nul besoin d'avoir des amis pour intégrer la société et avoir un poste. Il n'y a pas un parti qui régente tout. Tout est ouvert et la chose va bien. Je me rappelle même une élection municipale où, arrivé en tête au premier tour, je me suis fait battre par mon adversaire qui avait pour idée de campagne principale que j'étais un Provençal. Il y eut sinon un combat armé entre les deux duchés, l'un voulant manger l'autre. J'y ai pris part et grâce à Dieu, je suis toujours de ce monde.
      Pendant tout ce temps tu as accepté une régence imposée, sans qu'il n'y ait eu concertation avant, avec pour cas principal à gérer un vassal que tu ne pouvais encadrer. Aujourd'hui, régence comme Karl ne sont plus.
      J'ai choisi une voix différente où je ne pouvais t'associer dans le soucis de ne pas salir ton nom, ton honneur. La Provence Libre n'a aucun avenir dans l'état actuel des choses. Le Marquisat l'oppresse au lieu de la guider. Voilà bien longtemps que les derniers sympathisants françoys officieux ont abandonné l'idée tant le navire prend l'eau.

      A l'heure où je t'écris, je suis sur le point de me rendre à la Cathédrale d'Aix, l'autre, celle affublée du nom de La Chapelle. Quelle étrange sensation que de se retrouver au milieu de tout ceux qui nous détestent, d'en savoir présents à la cérémonie. Je ne sais si ce sera l'empereur ou l'un de ses représentants qui me recevra, moi et les autres. Entre nous je pense que la seconde idée me convient mieux, car si je commet cet acte, ce n'est nullement pour l'Empereur, comment pourrais-je lui preter une entière allégeance alors que je l'ai renié si longtemps, non, ce n'est pas pour lui, c'est pour réveiller la Provence. Que ces élites tombent et que le peuple agisse. Que le glas sonne dans certains foyers et que naisse un nouveau souffle.

      Anderexia, ma tendre amie, que ne suis-je pas obligé de faire pour un idéal que je souhaite sauver.

      Je t'embrasse, toi et les tiens.
      Que la folie ambiante ne t'atteigne pas et que notre amitié comme Le Très Haut te préservent de tous les maux.

      Tinoù
      Le premier du mois de juin 1457

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MessageSujet: Re: Dans une ruelle marquisale   Jeu 6 Aoû 2009 - 11:56

La femme l'emmena dans une taverne qui lui rappelait la Gnôle Douteuse, taverne de son époux, à ses débuts. Le tenancier vint prendre commande, tandis qu'Anderexia se faisait la réflexion amusée que l'épais sourcil qui joignait les deux tempes, ainsi que son visage bouffi, le rendait bien moins séduisant qu'Aliénore, leur employée.

Enfin la mystérieuse femme se mit à parler. L'évocation de son nom lui remémora tout de suite son vieil ami Tinoù, dont elle gardait le souvenir triste d'un départ aussi soudain qu'étonnant. Etonnant n'était peut-être pas le terme le mieux choisi, elle s'était bien doutée des raisons de son départ. Les dernières fois où ils s'étaient vus, c'était à l'une des innombrables commissions marquisat, lors de laquelle ils avaient dû se faire une raison, ils ne pouvaient rien changer tant l'inertie du camp d'en face était lourde à bouger.

Ainsi donc elles ne s'étaient que furtivement croisées, là résidait le secret de ce semblant d'amnésie, elle n'avait pas la mémoire des visages. Cela la rassura quelque peu, son accident ne semblait pas laisser trop de traces pour le moment.

Son interlocutrice lui tendit une missive qu'elle décacheta et parcourut avidement.
Quel bonheur de lire Tinou ! Elle sourit même à l'évocation de la disparition de celui qu'elle surnommait "l'infâme"...et qui le lui rendait bien. Cet homme-là ne lui manquait pas le moins du monde, le vil Necrobutcher.
Après des mois d'ignorance, elle obtenait enfin les réponses à ses questions. Le pourquoi de son départ, qu'elle comprenait mais regrettait égoïstement, et les raisons de son allégeance à l'empereur. Les nobles parlaient d'aller reprendre les fiefs de ceux qu'ils appelaient "félons", Anderexia n'espérait qu'une chose : que son suzerain ne la force pas à prendre les armes. Elle ne savait toujours pas qui elle choisirait alors, entre le baron de Digne pour qui elle avait une grande admiration et une loyauté sans faille, et ceux dont elle comprenait si bien le geste, et qui restaient ses amis pour deux d'entre eux.
Mais le temps du choix n'était pas encore venu et la soeur de Polumo ne s'était probablement pas déplacée pour ça.


Je ne me souviens pas de vous, mais je n'ai pas vraiment la mémoire des visages. Si nous ne nous sommes vues que peu de temps, c'est probablement pour cela.
Merci pour la lettre de votre frère, vous n'imaginez pas quel joie elle m'apporte.


Tout en glissant précieusement la missive sous sa houppelande, elle attaqua sans détour :
Que puis-je faire pour vous aider ?
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Zouzouille

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MessageSujet: Re: Dans une ruelle marquisale   Jeu 6 Aoû 2009 - 14:52

On ne la reconnaissait pas ! Quel outrage ! A Bazas elle soumettait à la question pour moins que cela, écartelement, ou potence en place publique. Son sang entra en ébullition à l'audition de ce forfait pour redescendre subitement lorsqu'elle se fit une raison. La Provence n'était que terre de rustres, normal qu'on ne connaisse pas les vrais gens. Son excès de modestie la fit tiquer, elle cligna d'un oeil, automatisme qui la trahissait toujours lorsqu'elle combattait ses humeurs. "Sus aux pensées" se plaisait-elle à imaginer comme trame logique de ces rêves éveillés.

M'aider ? Je ne fais pas cela dans un but vénal ou interréssé, seul l'Amitié Aristotélicienne guide mes pas. Pensez-bien, une femme d'Eglise comme moi.
Enfin, si peut-etre pouvez-vous me satisfaire d'une bien simple façon. Je ne vous demanderais pas bien sûr d'empoisonner l'Archeveque d'Arles, non, ce serait une mort trop douce et puis je ne veux pas vous engager dans des conflits qui ne vous regardent pas, non, je pensais plutôt à vos terres. Peut-être produisent-elles un nectar que je ne connais pas, auquel cas, je serais ravie de me voir faire livrer. Différentes adresses sont possibles : Bazas, Mont de Marsan ou Rome ... bien que sur cette dernière, on risque de trouver mon colis avant moi. Vous savez comment sont les hommes d'Eglise devant une caissette de vin. De vrais tribaux.
Sa verve la perdrait. Il fallait qu'elle se resaisisse d'urgence. Elle prit une petite fiole cachée dans sa chainse, trempa son doigt dans cette poudre bleutée avant de s'en disposer sur la langue. Si l'effet n'était pas immédiat, la dauna de Cortilloles revint à ce pourquoi elle était là.

Il n'y a aucun mal pour la lettre. Mais sachez que je ne suis pas venue pour elle seule, je suis bien trop occupée, je me serais faite représentée si seul ce velin devait vous être communiqué.
J'ai entendu dire que vos nobles voulaient reprendre les terres des félons. Si cette action est louable ... je parle bien évidement de celle des félons, car ils unissent enfin la noblesse derrière un projet commun, la rendant utile au demeurant ... je crains que votre noblesse s'éparpille pour un si petit ennemi.
Un grand danger attend votre contrée et si sur le résultat, je n'en serais pas déçue, je viens vous prévenir vous afin que vous vous mettiez à l'abris ave votre famille.
Vous savez ici aussi, du moins je le suppose, que le Roy de France, Sa Majesté Levan le Troisième, Dit de Normandie, préfère laisser à sa brue la gestion du Royaume. Le décès de sa femme suivie moins d'un an après de celui qu'il considérait comme son fils, au point qu'il en avait fait son héritier, Le Prince d'Estampes, Morgennes de Mortain, l'ont beaucoup affecté.
Aussi, quand Sa Majesté prend la plume, c'est bien souvent à titre privée. Ainsi, un groupe d'indiscret s'est mis au fait de ces missives afin d'en savoir plus. D'autant qu'on n'a jamais autant parlé d'un remariage qu'à présent, savoir sur qui le Roy jette son dévolu avant tout le monde serait un sésame. Cependant, point de mariage mais une lettre d'Etat, c'est du moins ce que les indélicats ont appris et ce que je souhaite vous transmettre.
Sa Majesté a écrit à son cousin, votre Empereur, afin de lui intimer l'ordre de reprendre le pouvoir qu'il vous a laissé. S'il ne le fait pas, le Roy de France ne retiendra plus ses vassaux qui trépignent depuis bien longtemps et les laissera vous attaquer.

Votre statut de Noble vous place dans les ennemis directs. Aussi, au nom de l'amitié qui vous lie à mon frère, j'ai souhaité vous prévenir. Je ne saurais vous conseiller que de partir le plus rapidement possible ou de vous préparer solidement à affronter francs ou germains.
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MessageSujet: Re: Dans une ruelle marquisale   Ven 7 Aoû 2009 - 11:52

Empoisonner l'archevêque d'Aix ? N'était-ce point son bien aimé neveu ?
Si elle avait toujours connu le côté fidèle et amical de Polumo, sa soeur ne lui donnait pas envie de rire. La baronne était toujours impressionnée par les gens d'église, surtout lorsqu'ils occupaient de hautes fonctions, et son interlocutrice ne dérogeait pas à la règle.

La dame attaqua un sujet qui l'intéressait fort, la boisson. Depuis quand Anderexia n'avait-elle pas trempé ses lèvres dans la liqueur ambrée qui avait longtemps réchauffé son coeur et embrumé son esprit ? Cela lui semblait une éternité... Elle se sentit soudain la bouche sèche et prit une gorgée de la piquette qu'on leur avait servi.

Des vignes à Auresoun ? Elle avait essayé mais cet hiver là avait été difficile et deux nuits de gelées étaient venues à bout des espoirs de la Baroùna. Elle aurait pourtant aimé voir son vin intégrer les bonnes maisons et étendre la réputation de son fief.

L'heure n'était pas à la rêverie, et Anderexia tâcha de rattraper le fil de la conversation. Ainsi donc l'empereur allait-il se trouver au pied du mur. Depuis qu'ils avaient déclaré leur indépendance, ils attendaient ce moment. Mais à force elle pensait qu'il ne viendrait plus...

Je vous remercie d'être venue me prévenir, je vous suis désormais redevable.
Elle avait horreur de cela mais c'était une question d'honneur.

Elle se tourna pour vérifier que personne ne pouvait entendre, et parla encore plus bas.

J'attends depuis des mois que l'Empereur vienne reprendre cette indépendance que quelques politicards avides de pouvoir ont volée au peuple provençal. Quand on sait que le Marquis avait usurpé sa noblesse et que nous sommes dirigés par un roturier qui ne songe qu'à trousser des robes, j'ai honte de ce grotesque marquisat.

Je vais mettre mon fils en lieu sûr en attendant de voir ce qu'il va advenir. Nous avons souvent eu des menaces de guerre, sans suite, mais mieux vaut trop de précautions que pas assez !


Rien n'était plus précieux que ce portrait miniature de son époux. Elle était déjà en train d'échafauder des plans pour le mettre à l'abri. Il faudrait envoyer Manon avec lui. Ensuite, elle préviendrait quelques proches de se préparer à combattre.
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